Le blog du Père Spicace est une sorte de TAZ, c'est l'Anarzone, une zone d'expression libre où l'on retrouve ses chroniques libertaires sur la vie guyanaise et mondiale. C'est également un lieu de partage autour de la chanson anarchiste d'hier et d'aujourd'hui.
ça y est les aminches, j’y suis, c’est enfin les congés. Après une année à turbiner comme un malade (ou à se rendre malade, j’sais plus…) me voilou en vacances les arpions à la baille, la caboche à casquette abritée du cagnard par la pinède dans un patelin de la cote girondine archi bondé de tourlos. Petit concert de bienvenue un soir à la fraiche : un petit groupe de rue nous joue son tube de l’été enguise de bienvenue :
« En voiture…
Tout le monde à la plage
Il faut bien faire une trêve
Car dès le mois de septembre c’est la rentrée des grèves…
Lalala bling bling pouet pouet !!! »
Lalala bling bling pouet pouet de La honte de la famille accessible sur http://www.myspace.com/lahontedelafamille
N’empêche y en a qu’attendent pas septembre pour se bouger le fion et s’y j’en crois cette carte de la météo sociale chopée dans le canard du coin (coin), ça chie un peu partout dans l’hexagone. On dirait qu’y a gavé de gaziers qui sont pas près de prendre le chemin des villégiatures d’été. Mais s’ils n’ont plus de taf ou vont pas tarder à le perdre, les prolos ont de la ressource pour s’occuper et se faire entendre. D’ailleurs la situation est tellement pourrie que même les cadres s’y mettent, c’est dire. Ça innove encore dans les pratiques de la dure lutte sociale. Après la séquestration de patrons, ils font maintenant dans le chantage à la destruction des moyens de production. Après ceux de New Fabris dans la Vienne c’est au tour des salariés de la société JLG dans le Lot et Garonne d’avoir recourent à la technique de la bouteille de gaz.
« Le gaz est aussi de la fête
Si l’on résiste à mes joyaux,
Au beau milieu de la tempête
Je fais exploser des boyaux »
Le père Lapurge de Constant MARIE
Les bons bougres n’en sont même plus à vouloir défendre leur turbin, ils demandent juste des indemnités pour partir dignement. A 30 000 euros réclamés par tête pipe ça ressemble plus à du parachute en carton qu’à la révolution en marche. Enfin… c’est déjà ça de pris sur le pactole des actionnaires qui, eux, vont encore s’en foutre plein les fouilles…
Et pendant que la France qui bosse tente de faire vivre la lutte des classes, y a mézigue, pénardos et sans vergogne, qui se la joue plutôt lutte des glaces. Et ouais, parce que vu le nombre hallucinant de clampins au mètre carré sur la plage, ça pas l’air d’être la crise pour tout le monde. Faut même violemment jouer des coudes pour pouvoir s’enfiler une glace au citron ou une gaufre au chocolat dans cette cohue… trop dure la vie…
Bon faut dire que moi, je vois tellement personne dans l’année (même que quand on fait une manif à plus de 300 pélos on est content) alors là, je suis servi. Du monde j’en vois par dizaines de milliers concentrées dans le même kilomètre carré. Et là, les toutristes, faut que je vous avoue que je vous trouve pas trop fut’fut’. Faut même être un peu barjot pour profiter des vacances comme ça. J’explique… ici la plage est SURVEILLEE par des… CRS, la compagnie des rascales sécuritaires. AAARRRGGGHHH !!! Des keufs, des condés, des cognes, des schmitts… ils sont là, sur la plage, sur des miradors et même dans l’eau avec des sifflets et dès qu’un intrépide veut prendre une vague hors de la zone réglementaire ou aller nager derrière la barre, il se fait méchamment rappeler à l’ordre par un poulet mouillé en slip bleu qui visiblement n’est pas là pour rigoler. D’ailleurs, moi non plus ça me fait pas franchement poiler de voir là les navets qui toute l’année nous ont canardé de lacrimo et joué du flashballe à l’œil au moindre rassemblement politique. Y en a pourtant que ça fait même pas tousser de les voir encore plus nombreux dans le décor de leur vacances… Car ils sont partout les poulagas, à pied, à vélo, en voiture et même à cheval, ils se fondent dans le paysage. Tous les ans ils prennent d’assaut l’école du patelin, non pas pour y retourner enfin s’instruire mais pour y faire leur QG. Heureusement, une signalétique appropriée nous prévient dès qu’on approche du sinistre édifice, panneaux « stop » et « sens interdit » nous accueillent. Nouveauté 2009, ils ont construit pendant l’hiver ce qui ressemble étrangement à une cellule. Bienvenue en Sarkozie les tourlos et bonnes vacances… Certes, ça fait un peu moche dans la cour de récré mais ça pourra toujours servir aux collègues lors de la prochaine grève pour y séquestrer l’inspecteur d’académie.
« Mais qu’est-ce que t’es allé foutre dans ce bled pourri où tout le monde s’agglutine sur 200 mètres de plage encadré par plus de flics qu’à un contre-sommet strasbourgeois ? » serait-on en droit de se demander…
Faut avouer qu’ici c’est aussi le paradis, il suffit d’enfourcher un biclou, de prendre la piste cyclable, de faire quelques kilomètres dans la pignada, au bon endroit tu balances ton guingue dans un buisson et tu crapahutes un peu dans les dunes et là, c’est le bonheur, y a dégun sur la plage même au plus fort de l’été. A oilpé, tu peux enfin profiter du bonheur d’avoir le temps de rien foutre sauf aller te jeter à la baille quand le cagne tape pire qu’un roussin, loin des cons qui se laissent fliqués jusque dans leurs loisirs et des turpitudes des blaireaux qui veulent nous gouverner et qui s’étalent en short dans les journaux…
Vive les vacances !!!